Certain-es font du fric sur la dépendance et l’enfermement des handicapé-es et des fols, ne les laissons pas tranquilles.

Portrait des associations gestionnaires

Une asso gestionnaire, qu'est ce que c'est?
Une association gestionnaire (dans le domaine du handicap) est une association qui possède et gère un ou des établissements / services médico-sociaux (ESAT, MAS, FAM...) et qui reçoit de l'argent de l'état pour ça.

Le secteur du handicap est géré à 8°% par ces assos.

Leurs intérêts diffèrent de ceux des personnes handicapées. Les associations gestionnaires profitent de l'institutionnalisation. Elles soutiennent les projets d'habitat inclusif qu'elles contrôlent. Quand on vit dans leurs insitutions, on ne choisit pas où on vit, avec qui, qui nous soigne et comment, ce que l'on fait et à quoi on a droit. L'ONU réclame la fermeture des établissements spécialisés.
Si l'environnement (services publics, transports publics, sorties et loisirs etc) n'est pas accessible à une personne handicapée, les seules alternatives proposées sont les instituts spécialisés. Ces personnes étant regroupées dans les seuls espaces adaptés, l'accessibilité dans le milieu ordinaire n'est jamais une priorité politique, malgré l'atteinte à nos droits humains qu'est la séparation des valides et des handicapés. C'est un cercle vicieux.
Exemples: ESAT, MAS, FAM, IME? foyers de vie, classes ULIS, habitats inclusifs etc.

Quelques chiffres: première loi pour l'accessibilité universelle: 1975/ Plus de 300 000 adultes en institutions en France, et plus de 110 000 personnes en ESAT.
Les associations gestionnaires sont facilement confondues avec celles qui militent pour les droits des personnes handicapées. C'est un flou volontaire et entretenu de leur part: beaucoup de personnes qui partagent leurs contenus pensent relayer la parole des concernées. Il est important de toujours vérifier si l'association que l'on souhaite relayer gère des institutions. Même et surtout si elle organise des actions militantes ou des manifestations.

Les associations gestionnaires les plus connues sont:
APF France Handicap avec 428 établissements et services médico sociaux, 96 délégations, 25 entreprises adaptées.
UNAPEI avec plus de 3000 institutions, 600 ESAT. L'ADAPEI est affiliée à l'UNAPEI, ce sont des branches régionales qui gèrent chacune entre 10 et plus de 50 établissements.

Simon de Cyrène gère environ 20 maisons en habitat partagé handicapés et valides.

La croix rouge gère 44 établissements pour enfants et ado, 39 établissements pour adultes et 8 ESAT.

UNAPH gère 50 établissements de tous types. Le clos du nid lui est affilié.
La confusion entre les associations gestionnaires et associations militantes pour les droits des personnes handicapées est entretenue par leur réunion dans des comités interassociatifs et délégations aux noms évoquant du militantisme. Les associations gestionnaires y sont ultra majoritaires.

Ces comités sont consultés par l'état lors de la rédaction de lois à propos des personnes handicapées. L'état peut ainsi donner l'impression d'écouter les personnes handicapées, et les associations gestionnaires peuvent performer du militantisme. 

Ces comités comprennent: le collectif Handicaps, le CNCPH (comité national consultatif des personnes handicapées), le CCAH (comité national coordination action handicap), le CHFE (conseil français des personnes handicapées pour les affaires européennes et internationales), le CAPH 20 (collectif des associations de personnes handicapées du Finistère), le Collectif Handicap 35, et tout un tas d'autres collectifs associatifs départementaux.
Les associations gestionnaires se sont autoproclamées défenseures des droits des personnes handicapées, tout en étant responsables d'atteintes graves à leurs droits. Comment gardent-elles cette image auprès des médias, du grand public et même des personnes handicapées?

Elles ne parlent jamais des appels à fermeture de leurs établissements par les instances internationales comme l'ONU ou le conseil de l'Europe, mais elles relayent leurs critiques de l'état français.

Elles récupèrent les actions de la communauté antivalidiste qui gagnent en visibilité, et communiquent dessus comme si elles les avaient organisées.

Leurs moyens très importants invisibilisent les structures militantes plus faibles, en budget et en visibilité.

Elles interpellent les institutions remarquées pour leurs violences par les médias, en se plaçant comme justicières plutôt que complices.

Les différences entre associations de concernées, de parents et de gestion de services ne sont pas acquises par les médias et le grand public.
1er article de la loi du 11 Février 2005 :
Cet article a installé les associations gestionnaires comme 'représentantes officielles des personnes handicapées' auprès de l'état. À droite, un extrait de cette loi :
« Art. L. 146-1 A. - Dans toutes les instances nationales ou territoriales qui émettent un avis ou adoptent des décisions concernant la politique en faveur des personnes handicapées, les représentants des personnes handicapées sont nommés sur proposition de leurs associations représentatives en veillant à la présence simultanée d'associations participant à la gestion des établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés aux 2°, 3°, 5° et 7° du I de l'article L. 312-1 et d'associations n'y participant pas. » 

Les représentant.e.s de l'ONU rappellent à l'état que cette loi n'est pas conforme avec la convention internationale des droits des personnes handicapées (CIDPH) signée par la France en 2010.

Deux portraits des représentant.e.s.
Citation de Catalina Devandas-Aguilar (2017) :
«Il est essentiel de prendre directement en compte la voix et l’avis des personnes handicapées, lesquelles sont insuffisamment représentées dans les processus décisionnels actuels.»

Citation de Jonas Ruskus (2021) :
«L'article 1 de la loi de 2005 crée la confusion et des conflits d'intérêts. Il permet aux associations gestionnaires du secteur médico-social, et non aux organisations représentatives des personnes en situation de handicap, d’exercer une influence prépondérante sur les politiques publiques en matière de handicap.»
Les associations gestionnaires ont tout intérêt à être consultées en priorité par le gouvernement quand il s'agit de nos vies. C'est une stratégie qui leur permet de négocier leurs intérêts plutôt que le respect de nos droits.

Trois cases encadrées montre les différentes attitudes des associations gestionnaires avec quelques exemples historiques.

Parlons du manque de places dans les établissements ! 
-Dernier échange à ce sujet avec le gouvernement : Juin 2021
-Construction « d'habitats inclusifs » qui sont des institutions plus petites mais présentées comme alternative à l'institutionnalisation.

On peut parler de la déconjugalisation de l'AAH et de la loi ELAN mais on s'en fiche un peu…
-Engagement dans la lutte pour la déconjugalisation de l'AAH très tardive.
-Pas de réaction au quotat passant de 100 % à 10 % de logements neufs accessibles lors des entretiens avec le ministère.

Non non, il ne faut pas organiser la désinstitutionnalisation.
-Citations régulières de la CNCDH plutôt que la CIDPH, qui ne définit pas l'institutionnalisation comme de la ségrégation et de la privation de droits.
-Outrage lors des critiques de l'ONU.

Portrait des ESAT et emplois protégés

Portrait de l’APF

carte des entreprises adaptées et ESAT de l'APF
Pour savoir où se trouvent les entreprises adaptées et les ESAT de l’APF
La communication cynique des associations gestionnaires créé la confusion entre elles et les associations militantes gérées par et pour des personnes handicapées. L'histoire de l'APF est remplie de sabotages et de faux semblants, par exemple.

4 exemples :
1) « Appel des 100 ».
L'APF organise une manifestation contre un projet de loi qu'elle a corédigée. (Ordonnance de 2014 qui reporte l'accessibilité obligatoire.)

2) Simulacre de compromis.
Lors de la conception de la loi ELAN, l'APF n'a pas relevé que l'acquis de 100 % de logements neufs accessibles tombaient à 10 %. Elle récupère pourtant les manifestations des handi.e.s et parlemente en tant que leurs représentante. Elle y « négociera » 20 % de logements neufs accessibles et le présentera comme une victoire.

3) Exclusion d'adhérente.e.s militant.e.s
Plusieurs membres handicapé.e.s de l'APF souhaitaient organiser des actions contre la loi ELAN, ce qui est refusé par la direction. L'APF est questionnée pour le manque de moyen donné aux manifestations : elle décide d'exclure ces adhérent.e.s trop 'exigeant.e.s'. L'APF est condamnée en 2018.

4) Récupération et invisibilisation
L'APF ne diffuse aucune revendication pour le projet de loi de déconjugalisation de l'AAH, et n'organise aucun rassemblement. Elle souhaite cependant prendre la parole à ceux organisés par Act-Up Paris, qui lui refuse le 13 Juin. Cela ne l'empêchera pas de présenter ces manifestations sur ses réseaux sociaux comme si elle en était organisatrice